Ceci est un moment de télévision construit, fabriqué, mercantile, sans générosité ni spontanéité. C’est est un moment de télévision remarquable, donc remarqué.
Au centre, se trouve
@PhdeVilliers Il publie un livre, « Mémoricide », publié par les
@EditionsFayard Sur le plateau de
@CNEWS , il tente d’en expliquer le contenu avec une lenteur d’élocution et des « euh » à répétition qui soulignent une assez grande confusion personnelle. Il parle d’un « attentat » contre la mémoire, mémoire de qui et de quoi ?, perpétré par qui ?, rien n’est très clair. On suppose bien sûr qu’il s’agit de la France et de son histoire, et que les criminels de la « mémoire » seraient des « gauchistes », ou des « wokes ». Il ajoute que son ouvrage serait un « piolet » pour escalader les montagnes, un « viatique » pour de longs voyages. On s’y perd. D’ailleurs, on s’en moque.
Devant cette salade frelatée qui reprend tous les poncifs villiéristes depuis trente ans, les deux comparses de l’auteur affichent des mines sérieuses, concentrées, à la limite de l’ébahissement parfois pour l’un des deux, sans doute télécommandé par une oreillette.
@eliot_deval et
@GeoffroyLejeune font penser à deux acteurs pris au piège d’un scénario médiocre mis en images par un réalisateur quelconque. Ils font semblant de s’intéresser. En ce sens, ils sont professionnels. Mais ça se voit. En ce sens, ils ne le sont pas.
« Mémoricide » est un drôle de mot. Il ne figure pas dans le dictionnaire. C’est donc un néologisme, un mot inventé. On sait par qui d’ailleurs. Reynald Secher est un auteur d’extrême droite, spécialisé dans les « guerres de Vendée », celles que livrèrent à la fin du XVIIIème siècle les Royalistes opposés aux Révolutionnaires sur les terres de l’Ouest. Une lecture radicale puisque Seycher évoquait une volonté de « génocide ». de la part des Révolutionnaires. Une manière pour lui, à deux siècles de distance, de disqualifier la République, la « Ripoublique » comme l’appelait parfois Jean-Marie Le Pen, dans les débuts du Front national. On voit le cousinage.
Donc, Philippe de Villiers emprunte le mot, mais jamais il ne cite son inventeur. Pourquoi cette ingratitude ? Jalousie d’auteur ? Fâcherie locale ? Crainte d’être assimilé à un extrémiste, ce qui serait ici cocasse ? Hélas, ni Deval ni Lejeune n’ont posé la question. Ils étaient trop occupés à faire semblant d’être fascinés par Philippe de Villiers.
Etonnant, non ?