Bah non!
Le déficit public d'aujourd'hui vient surtout du fait que la dépense continué d'augmenter depuis 2017, alors qu'elle aurait dû diminuer fortement pour financer des baisses de prélèvements intervenues depuis cette date et réduire le déficit.
Il y a eu baisse des prélèvements à partir de 2017 parce qu'ils avaient atteint un niveau insupportable, qualifié de "ras-le-bol fiscal". En effet, la France avait subi entre 2010 et 2013 un choc fiscal de 3,5 points de PIB qui avait d'abord touché les entreprises puis ensuite été rebasculé vers les ménages.
Quant aux mesures de baisses de prélèvements depuis 2017, pour un total de 60 milliards, environ la moitié a bénéficié directement aux classes moyennes (taxe d'habitation, 1ere tranche d'IR, redevance TV, heures supplémentaires). Une bonne partie a bénéficié aux entreprises de toutes tailles (IS, impôts de production, CVAE), pour environ 25 milliards au total. Cela a permis à peine de resorber le choc fiscal du début des années 2010 et de nous aligner un peu vers la moyenne européenne. Malgré cela les entreprises paient en France 4,4 points de valeur ajoutée de plus de prélèvements nets des aides que celles chez nos voisins.
Seule une petite partie des baisses de prélèvements a bénéficié aux menages aisés et très aisés (transformation de l'ISF en IFI pour 3,2 milliards , flat tax pour 1,4 milliard), pour un montant de moins de 5 milliards au total. Là encore il y avait une logique d'alignement sur nos voisins européens, en tenant compte de la mobilité du capital. L'objectif était de rendre plus favorable l'investissement en France, et si on regarde les chiffres macro, ça a plutôt marché. Le constat de départ était aussi que la baremisation des dividendes en 2013 avait été un échec, avec des recettes plus faibles que prévu, et que l'ISF pénalisait les propriétaires d'entreprises malgré les aménagements divers et variés, et qu'il coûtait plus que ce qu'il rapportait.
Budget : "Tout le monde est d'accord sur le fait que l'ampleur du déficit (...) est lié à une série de cadeaux fiscaux, une politique fiscale extrêmement favorable aux entreprises", lance Benjamin Coriat, membre des Économistes atterrés.
▶️ avec Thomas Misrachi